Le nouveau brutalisme ou l’architecture sans artifice

SOLO HOUSE, Pezo von Ellrichshausen, Cretas, Espagne, 2013

Longtemps méprisée, souvent moquée, l’architecture brutaliste fait son grand retour après son émergence dans les années 70. Une nouvelle génération d’architectes redonne du souffle à ce courant si décrié, et pourtant si loin de l’image austère qu’on lui accole. Herzog & de Meuron, Valerio Oligioti ou encore Smiljan Radic dessinent des bâtiments aux quatre coins du monde en reprenant les préceptes de Le Corbusier :

« L’architecture, c’est, avec des matériaux bruts, établir des rapports émouvants ».

Au fil des années 60 et 70, des bâtiments en béton aux formes géométriques ont bouleversé le paysage. En 1966, le critique Reyner Branham évoquait pour la première fois le mouvement brutalisme dans son livre The New Brutalism : Ethic or Aesthetic ?. Cet ouvrage important illustrait ainsi une nouvelle tendance architecturale en Angleterre qui prenait ses racines dans le mouvement moderne initié par Mies Van der Rohe : s’opposer aux beaux-arts en refusant les ornements. Mais le brutalisme était également animé par une volonté de lutter contre les inégalités. Pour ces architectes qui aimaient le béton brut, il était question de lutter contre la gentrification et la segmentation des classes sociales. Si ces constructions font encore aujourd’hui débat, symbolisant pour les uns l’échec de l’intégration, et pour les autres une belle utopie, elles restent néanmoins inspirantes pour une nouvelle génération d’architectes.

 

ÉGLISE SUNSET D’ACAPULCO, Bunker Arquitectura, Mexique, 2011

 

ÉGLISE SUNSET D'ACAPULCO, BNKR Arquitectura, Mexique, 2011

ÉGLISE SUNSET D'ACAPULCO, BNKR Arquitectura, Mexique, 2011

ÉGLISE SUNSET D'ACAPULCO, BNKR Arquitectura, Mexique, 2011

Photos : © Esteban Suárez

C’est sur une colline qui surplombe la baie d’Acapulco, à quelques pas du Corcovado, qu’un bâtiment anguleux attire les regards : l’agence d’architecture BNKR a imaginé l’église du coucher du soleil. Comme en équilibre, ils ont réussi l’exploit de rendre le béton léger. La partie supérieure du lieu s’ouvre vers l’extérieur, donnant l’impression de se fondre dans le paysage. Les rayons du soleil passant à travers le feuillage et les parois en verre confèrent à l’espace un caractère mystique.

 

VILLA ALEM, Valerio Olgiati, Portugal, 2014

 

VILLA ALEM, Valerio Olgiati, Portugal, 2014

VILLA ALEM, Valerio Olgiati, Portugal, 2014

VILLA ALEM, Valerio Olgiati

VILLA ALEM, Valerio Olgiati

VILLA ALEM, Valerio Olgiati

Photos : © Archive Olgiati

C’est une maison de vacances pas comme les autres. Basé en Suisses, l’architecte Valerio Olgiati a construit sa maison secondaire au milieu d’un environnement sauvage. Avec ses formes géométriques massives, sans aucun revêtement, l’espace de vie s’organise autour d’une piscine et d’un jardin d’intérieur.

 

HOUSE FOR THE POEM OF THE RIGHT ANGLE, Smiljan Radic, Chili, 2012

 

HOUSE FOR THE POEM OF THE RIGHT ANGLE, Smiljan Radic, Chili, 2012

HOUSE FOR THE POEM OF THE RIGHT ANGLE, Smiljan Radic, Chili, 2012

HOUSE FOR THE POEM OF THE RIGHT ANGLE, Smiljan Radic, Chili, 2012

HOUSE FOR THE POEM OF THE RIGHT ANGLE, Smiljan Radic, Chili, 2012

HOUSE FOR THE POEM OF THE RIGHT ANGLE, Smiljan Radic, Chili, 2012

Ses ouvertures rappellent les percées de lumières du Couvent de la Tourette signé par Le Corbusier. Dessinée par l’architecte chilien Smiljan Radic, cette maison peut sembler à première vue froide, voire inhospitalière avec ses murs noirs. Pourtant, à l’intérieur, le lieu devient accueillant et invite à apprécier la chaleur du béton.

 

HEMEROSCOPIUM HOUSE, Ensamble Studio, Madrid, 2008

 

HEMEROSCOPIUM HOUSE, Ensamble Studio, Madrid, 2008

HEMEROSCOPIUM HOUSE, Ensamble Studio, Madrid, 2008

HEMEROSCOPIUM HOUSE, Ensamble Studio, Madrid, 2008

HEMEROSCOPIUM HOUSE, Ensamble Studio, Madrid, 2008

En équilibre, on imagine que la structure pourrait s’effondrer au premier coup de vent. Mais il a fallu 20 tonnes de granit pour construire cette maison sur les hauteurs de Madrid. Avec ses deux piscines, l’une au sol, l’autre dans les airs, cette construction a demandé des mois de réflexion contre une semaine de construction.

 

SOLO HOUSE, Pezo von Ellrichshausen, Cretas, Espagne, 2013

 

SOLO HOUSE, Pezo von Ellrichshausen, Cretas, Espagne, 2013

SOLO HOUSE, Pezo von Ellrichshausen, Cretas, Espagne, 2013

SOLO HOUSE, Pezo von Ellrichshausen, Cretas, Espagne, 2013

SOLO HOUSE, Pezo von Ellrichshausen, Cretas, Espagne, 2013

SOLO HOUSE, Pezo von Ellrichshausen, Cretas, Espagne, 2013

SOLO HOUSE, Pezo von Ellrichshausen, Cretas, Espagne, 2013

Photos : © Cristobal Palma / Estudio Palma

Nichée au milieu de la forêt, la Solo House ressemble à une version moderne de notre enfantine cabane dans les arbres. La structure en béton cachée par la végétation luxuriante permet de faire émerger un appartement tourné vers l’horizon. Au centre, une piscine inscrit le bâtiment dans la tradition méditerranéenne. L’habitation est complètement ouverte sur le monde extérieur grâce à de grandes baies vitrées. Quelques pares-soleil en tissus filtrent les UV.

 

JINHUA READING SPACE, Herzog & de Meuron, Chine, 2008

 

JINHUA READING SPACE, Herzog & de Meuron, Chine, 2008 

JINHUA READING SPACE, Herzog & de Meuron, Chine, 2008 

Photos : © Herzog & de Meuron Studio

C’est dans la ville de Jinhua que les architectes français ont construit un bâtiment rose au milieu d’un parc grandiose composé de pavillons aux formes variées. L’artiste chinois Ai Weiwei a choisi le thème de cet édifice au motif géométrique simple, mais devenant complexe lorsqu’il s’inscrit dans l’espace. A la fois moléculaire, ces lignes rappellent un corps fictif que l’on peut découvrir sous toutes les coutures.